La serrurerie

La serrurerie est une branche de la construction qui s'occupe de la fabrication des dispositifs de fermeture et des objets en métal ouvré. Ce terme tend à être remplacé, dans l'usage des professionnels, par celui, plus large, de métallerie.

En 1823, MORISOT (vérificateur de bâtiments) donna la définition suivante de la serrurerie :

« La serrurerie a deux genre de fournitures. L’un comprend tous les ouvrages qui se façonnent dans l’atelier, par le travail de la forge et de la lime…L’autre comprend les objets fabriqués, connus sous la dénomination générale de quincaillerie ».

  • Symbolique

La serrurerie est le triomphe du métier manuel, le lien entre l’esthétique, l’invention mécanique et les valeurs de vie: l’être et l’avoir, la sécurité de son existence et la protection de son bien.

A l’époque romaine, l'ouverture ou la fermeture des serrures nécessitait de gros efforts pour actionner la clé de deux mouvements rectilignes, l'un pour décondamner le pêne (verticalement), l'autre pour actionner le pêne (horizontalement). Montée sur une bague, et portée à l'index ou au médium, la clé permettait en fermant le poing de fournir des efforts très supérieurs à ceux délivrés par le pouce et l'index. Appelée «signum», cette bague-clé permettait d’actionner le verrou et d’apposer également une empreinte - un sceau - sur un cachet de cire. Mari et femme avaient chacun une bague-clé identique pour ouvrir la porte de la demeure conjugale.

C’est peut-être là l'origine de l'alliance que portent encore aujourd'hui les époux, symbole de partage, d'union et de fidélité...

  • La naissance de la serrurerie

Un des plus vieux métiers du monde, la serrurerie actuelle remonte probablement à 4000 av JC, c’est-à-dire dès qu’est apparu le travail de la métallurgie.

Soucieux de vouloir protéger ses biens et ses proches, l’homme à toujours considérer la sécurité comme préoccupation première. Depuis l’homme préhistorique, qui utilisé de lourdes pierres pour protéger leur habitat des étrangers et des animaux, l’homme inventif de nature, perfectionna au fil du temps des solutions pour sécuriser son logis.

  • L’homme se perfectionnant, assembla des planches pivotant autour de pivots de bois : la naissance de la porte.
  • Mais pouvant être ouverte par n’importe qui, l’homme trouva alors l’idée de lacer dans deux encoches, une barre de bois qu’il fallait soulever du sol à chaque fois qu’il souhaiter ouvrir la porte : la naissance du verrou.
  • Toujours plus inventif, l’homme décide de passer un objet au travers de cette porte pour garantir le fonctionnement de ce verrou : la naissance de la clé.
  • N’étant malheureusement pas sûrs, ces premiers verrous rudimentaires, apparaît alors la cheville mobile de bois. En retombant sous l’effet de son propre poids, assure la fermeture du mécanisme : la naissance de la serrure.

Le compagnonnage et la noblesse

L’homme, être social, tend à l’association. Les serruriers, premiers venus de l'artisanat organisé, eurent très tôt leurs corporations et leurs fraternités de compagnonnage. Le compagnonnage, tel qu'il existe encore aujourd'hui, est peut-être l'une des dernières institutions encore vivantes de la France monarchique. Cette forme d’association ne se contente pas de défendre et d’organiser le métier, elle lui donne une finalité et une valeur particulières. Ce groupement ouvrier multiprofessionnel, voué au perfectionnement des travaux, de l’état du travailleur, de son esprit et même de son âme, est l’ancêtre de tous les mouvements populaires qui régissent le monde du travail.

En 1537, à la demande des gardes du métier, le roi Henri II accorda des lettres patentes aux serruriers, stipulant que les ferronniers, merciers et marchands faisant et exerçant train et trafic d'ouvrages dépendant et concernant le métier où manufacture de serrurerie seront sujets à la visite des jurés serruriers. Les "jurés" devaient visiter fréquemment les ateliers avec le droit d'examiner les matières premières et les objets en cours de fabrication. Si une serrure était jugée défectueuse, elle était "cassée".

L'ancêtre, en quelque sorte, de notre système moderne d'audit qualité et de la certification aux normes ISO 9000...

1645, sous le règne du Roi Soleil, la serrurerie acquiert ses lettres de noblesse. C’est l’époque où l’artisan serrurier était le seul maître de son art, le «quatrième Art » libéral après la peinture, la sculpture et la musique.